Les lunettes à prisme en détail
La diplopie, ou vision double, est un problème oculaire qui pose de gros soucis pour bien voir. En effet, deux images du même objet sont transmises au cerveau qui ne peut les assembler correctement. Cela survient lorsque la transmission de la lumière vers la rétine est mal assurée. La cataracte, des troubles de la cornée ou l’astigmatisme peuvent, entre autres, être à l’origine de cette double vision. Pour y remédier, on peut soigner la cause ou porter des lunettes à prismes.
Des lunettes qui corrigent le problème
Comme pour la myopie ou l’astigmatisme, une paire de lunettes peut corriger certains problèmes de vue. En cas de vision double, les prismes sont alors recommandés.
Ces lunettes sont équipées d’un ou deux verres avec un prisme, une forme plate qui joue un rôle majeur pour dévier la lumière. L’image envoyée au cerveau sera ainsi normalisée, permettant au cerveau d’associer correctement les deux sources pour créer une image unique. Ce type de verre corrige les divergences de la vision en aidant les yeux à travailler ensemble, facilitant ainsi l’intégration des images par le cerveau.
La fonction du verre prismatique
Le prisme est un allié de taille pour voir « normalement » en cas de vision double et pour corriger des problèmes de position et de convergence. En modifiant l’entrée de la lumière dans l’œil, le verre réduit la diplopie et permet au cerveau d’assembler correctement les images envoyées simultanément par chaque œil.
Le verre prismatique force donc le cerveau à recevoir une information commune des deux yeux, même si l’un ou les deux tire vers un côté (haut, bas, gauche, droite). Cela élimine l’impression de double image.
Dans les cas très endommagés, une chirurgie peut être nécessaire pour réparer les muscles oculaires.
Le prisme est fabriqué à partir de deux faces sécantes formant un angle spécifique qui dévie la lumière afin que l’image « tombe » correctement sur la rétine. La vision double disparaît car le message reçu par le cerveau est clair.
Autres usages des verres prismatiques
Outre la correction de la diplopie, ces verres sont utilisés pour traiter l’hémianopsie (cécité partielle du champ visuel) et la quadrantatopie (déficit en quart de champ). Ils aident aussi les patients atteints de nystagmus avec léger torticolis en bloquant efficacement leurs tremblements oculaires.
Plus récemment, des lunettes à prisme de faible puissance aident les enfants dyslexiques souffrant d’un syndrome de dyperception stomatognathique, en corrigeant la proprioception oculaire et en améliorant la perception de l’espace.
Des lunettes adaptées à chaque besoin
Le prisme prescrit s’accompagne de chiffres correspondant à la déviation de l’œil et à la puissance nécessaire.
La correction prismatique est recommandée lorsque la vision double est stable depuis plus de 6 mois.
L’ophtalmologue mesure la déviation des yeux lors du regard primaire (droit devant) afin de déterminer la correction.
En retirant ces lunettes, la double vision réapparaît, mais leur port est essentiel pour réduire la distorsion visuelle.
Comment sont fabriquées les lunettes à prisme ?
Après prescription, vous passerez chez un opticien qui créera vos lunettes à prisme à partir des mesures.
Le prisme est posé ou taillé dans le verre, au point ciblé selon que la déviation soit horizontale, verticale ou mixte.
Les faibles corrections sont souvent placées sur un seul verre, alors que les fortes corrections sont réparties sur les deux yeux.
Pour une correction à la fois de loin et de près, deux verres spécifiques seront nécessaires en remplacement des multifocaux.
Pour les forts degrés de déviation, on utilise un prisme de Fresnel : deux bandelettes adhésives appliquées sur les verres, particulièrement utiles après chirurgie pour évaluer ou compenser une vision double temporaire.
Les prismes souples de Jampolski, plus fragiles, sont quant à eux utilisés sur courte durée.
Quelle monture choisir pour des lunettes à prisme ?
Ces lunettes nécessitent un ajustage très précis. Les montures métalliques monoblocs sont souvent recommandées pour leur solidité et tenue.
Les montures très galbées sont idéales pour optimiser la correction prismatique mais peuvent être moins esthétiques. En effet, plus le prisme est fort, plus le verre sera épais localement, d’où l’importance d’une monture adaptée pour alléger l’aspect.
Malgré la précision de la prescription, plusieurs ajustements sont nécessaires pour optimiser le port : équilibrage œil dominant, paralysies oculaires, composantes verticales, etc.
Il est essentiel de vérifier régulièrement la compensation prismatique pour diminuer sa puissance lorsque la correction est efficace et que le cerveau reçoit correctement la lumière.
Contraintes et suivi du port
Le port de verres à prisme implique un suivi régulier, car les montures doivent rester bien ajustées pour maintenir la correction et le confort.
Il est recommandé de contrôler serrage et centrage au minimum toutes les deux semaines au début, puis au moins une fois par mois.
Ces lunettes doivent être portées en permanence, du lever au coucher, pour un effet optimal.
Conseils professionnels
Le choix de la monture est déterminant pour maximiser l’utilité des verres prismatiques.
N’hésitez pas à consulter les professionnels de santé qui vous suivent pour choisir un modèle adapté à la puissance et au type de prisme nécessaire.